Rôle : Direction artistique

Période de réalisation : 2025 — En cours

Prix remporté : Prix Régal (Propulsion) 2025

« Boom Boom Town (BBT) est basé dans une petite ville de l’ouest du Québec, où l’un des plus grands complexes industriels de cuivre au Canada est érigé à proximité immédiate de la cité. Si près, en fait, que la population a parfois un goût de métal en bouche lorsqu’elle est à l’extérieur. La ville est également réputée pour sa vie culturelle animée, rythmée par de nombreux festivals et événements exceptionnels tout au long de l’année. Notre philosophie est simple : passer du bon temps ensemble autour de la bonne musique, de bonnes ondes et de fêtes mémorables.» -Page YouTube du BBT

Boom Boom Town au Gala Régal 2025

En tant que directeur artistique pour Boom Boom Town (BBT), j’ai fait évoluer l’identité visuelle de l’organisation en travaillant en étroite synergie avec l’esthétique d’origine et la vision du fondateur, Julien Vallée (DJ Chéri). Mon mandat a consisté à rafraîchir l’image de marque à travers la refonte de l’emblème officiel, ce qui inclut le travail d’illustration et la recherche typographique, ainsi que la conception d’affiches d’événements. Dans un esprit collaboratif, j’ai fourni les ressources graphiques découlant de ce projet à l’équipe. L’exécution subséquente des publications sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, a été entièrement gérée de manière autonome par d’autres membres de l’organisme selon leur propre approche visuelle.

L’identité visuelle de la marque se déploie à travers une palette de couleurs dominée par des tons gris sobres et foncés, qui évoquent la nuit et le calme qu’elle instaure tout en projetant une image de maturité adaptée à l’audience visée. En contraste, les accents orangés illustrent l’activité et l’énergie de la musique qui vient briser le silence nocturne. Déployés sous la forme de douces ondulations rappelant des fréquences audio, ils confèrent à l’événement une esthétique à la fois minimaliste et moderne, tout en lui donnant un caractère innovant et rassembleur.

LOGO ET TYPOGRAPHIE

Au cœur de cette identité, l’acronyme « BBT » s’affirme à travers la typographie Eurostile d’Aldo Novarese. Ce choix n’est pas fortuit : par ses formes géométriques aux angles subtilement arrondis (le fameux squircle), l’Eurostile incarne intrinsèquement l’esthétique moderniste, le dynamisme technologique et la rigueur industrielle. C’est une police de caractère solide, lourde et ancrée, qui évoque la maturité et la structure.

Le logo subit toutefois une distorsion dynamique majeure : un effet fisheye qui ballonne horizontalement les lettres, alors qu’un cadre rectangulaire très étroit vient contraindre l’ensemble. Cette tension dramatique donne l’impression saisissante que le cadre écrase les lettres. Métaphoriquement, cet écrasement illustre la compression physique du son avant qu’il ne se propage, ou encore l’étau du quotidien urbain et industriel qui cherche à contenir l’énergie brute de la jeunesse et de la fête.

Le jeu chromatique et graphique vient libérer cette tension. Alors que les deux « B » s’affichent dans un blanc pur et structurel, le « T » final s’illumine d’un orange vibrant, agissant comme le signal de départ de la fête. À l’arrière-plan, des lignes ondulées oranges virevoltent tout autour de cette structure rigide. Ces vagues organiques évoquent des fréquences audio en pleine expansion : elles représentent la musique qui s’émancipe du cadre, brise la contrainte industrielle et envahit l’espace nocturne pour libérer les corps et les esprits.

AFFICHE BBT-221

Cette brochure inaugure la première version visuelle de l’événement, produite avant la confirmation finale des partenaires. Pour l’arrière-plan, j’ai privilégié une esthétique vaporeuse et mystérieuse, composée d’un ciel chargé de nuages ponctué de regards perçants, qui entoure un élément central marqué par un symbole informatif ou un code QR en guise d’avant-plan. Cette mise en scène prolonge l’allégorie du brouillard entourant notre paysage artistique; la lumière créative et acérée du FARE vient le transpercer pour intriguer le spectateur et l’inviter à découvrir ce qui se tapit dans l’ombre le moment venu.

Pour le traitement typographique des informations, j’ai opté pour la famille Helvetica Neue. Reconnue pour son élégance, son minimalisme et sa rigueur, elle permet une lecture fluide et immédiate, presque intuitive. Toutefois, j’ai choisi de déformer ces caractères afin d’insuffler à l’ensemble une part d’imprévisibilité; le texte semble alors flotter et se mouvoir, comme des pensées éthérées soufflées depuis l’au-delà, ajoutant une aura de mystère à la précision formelle de la mise en page.

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