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Rôle : Direction artistique

Période de réalisation : 2026 — En cours

« Le Festival des Arts de la Relève Étudiante (FARE) est un événement culturel dédié à la mise en valeur du cinéma étudiant et du cinéma québécois. Il a pour mission de créer un pont entre la relève artistique et le grand public. En célébrant les œuvres marquantes du Québec, cet événement offrira une vitrine professionnelle aux jeunes créateurs d’ici.» -Site web du FARE

En tant que directeur artistique du FARE, j’ai orchestré l’identité visuelle complète du festival. Mon travail a consisté à concevoir l’emblème de l’événement, incluant l’illustration et le travail typographique, tout comme l’ensemble des supports promotionnels, tels que les affiches et les brochures. Dans une approche collaborative, j’ai fourni les ressources graphiques nécessaires aux membres du comité responsables du web et des réseaux sociaux; j’ai ainsi pu garantir, à travers ces différents canaux, une cohérence absolue de la marque. Je n’ai porté aucune influence sur le site web et les publications Instagram, ces volets sont gérés par d’autres individus.

Le parti pris esthétique, marqué par une palette de gris et des illustrations d’inspiration expressionniste, rend hommage aux racines du cinéma; des premières expérimentations des frères Lumière au courant expressionniste allemand, cet univers puise dans l’histoire pour mieux se réinventer. Cette signature visuelle tisse un pont entre le septième art et les codes graphiques contemporains, reflétant ainsi l’effervescence créative et l’avant-garde de la relève étudiante.

LOGO ET TYPOGRAPHIE

Le logo du FARE repose sur une homophonie évocatrice : celle du « phare ». Plus qu’un simple symbole, il incarne la mission du festival : projeter une lumière vive sur le paysage culturel québécois à travers la vision audacieuse des jeunes artistes et de la relève étudiante.

Là où le phare transperce la tempête et déchire l’obscurité, le FARE s’élève contre la monotonie du monde corporatif. Il insuffle une vitalité nouvelle, une âme et un goût affirmé, portés par un talent générationnel qui réinvente la culture. L’intégration de l’œil au sein même du faisceau lumineux amplifie cette allégorie : il symbolise le regard du public qui, au contact de cette création brute et authentique, retrouve une vision claire au milieu de cet océan de conformisme.

La sélection typographique du FARE résulte d’un équilibre minutieux entre trois dimensions esthétiques : le minimalisme épuré, qui confère au festival une portée institutionnelle et prestigieuse; une sensibilité rétro, ancrée dans l’âge d’or cinématographique; et enfin, une excentricité assumée, reflet de l’audace et de l’avant-gardisme de la relève.

Pour incarner cette vision, mon choix s’est arrêté sur l’alliance du Bauhaus W04 de Victor Caruso (issu de la fonderie ITC Bauhaus) et du Techno d’Apple et Font Bureau. Ces deux polices forment le socle du logo textuel et répondent avec précision à mes intentions créatives. Le Bauhaus, avec ses courbes géométriques et son héritage moderniste, évoque la rigueur structurelle et l’élégance intemporelle; le Techno, quant à lui, injecte cette pointe de nervosité et de modernité nécessaires pour projeter la soif d’innovation des étudiants. Ensemble, elles ne font pas que composer un nom : elles racontent l’histoire d’un festival qui respecte ses origines tout en affirmant sa volonté de transformer le paysage culturel québécois.

BROCHURE PROMOTIONNELLE

Cette brochure inaugure la première version visuelle de l’événement, produite avant la confirmation finale des partenaires. Pour l’arrière-plan, j’ai privilégié une esthétique vaporeuse et mystérieuse, composée d’un ciel chargé de nuages ponctué de regards perçants, qui entoure un élément central marqué par un symbole informatif ou un code QR en guise d’avant-plan. Cette mise en scène prolonge l’allégorie du brouillard entourant notre paysage artistique; la lumière créative et acérée du FARE vient le transpercer pour intriguer le spectateur et l’inviter à découvrir ce qui se tapit dans l’ombre le moment venu.

Pour le traitement typographique des informations, j’ai opté pour la famille Helvetica Neue. Reconnue pour son élégance, son minimalisme et sa rigueur, elle permet une lecture fluide et immédiate, presque intuitive. Toutefois, j’ai choisi de déformer ces caractères afin d’insuffler à l’ensemble une part d’imprévisibilité; le texte semble alors flotter et se mouvoir, comme des pensées éthérées soufflées depuis l’au-delà, ajoutant une aura de mystère à la précision formelle de la mise en page.

AFFICHES PROMOTIONNELLES

Cette série d’affiches promotionnelles prolonge fidèlement l’univers visuel amorcé par la brochure, transposant son atmosphère énigmatique à plus grande échelle. L’esthétique reste ancrée dans les codes établis, laissant ce voile de mystère envelopper la composition, tandis que la hiérarchie s’adapte aux exigences de l’affichage. Au cœur du concept, les projections et spectacles s’imposent en gros caractères grâce à la police Harbour de la fonderie Alias ; à la fois moderne et classique, elle incarne à la perfection l’identité du festival. Les informations logistiques s’y déploient de manière encadrée et fluide, guidant le regard dans une progression naturelle : partant de la date, la lecture glisse vers l’heure, agencée selon une symétrie visuellement satisfaisante qui juxtapose le format 24h à gauche et le format AM/PM à droite. Une rupture dans ce traitement typographique s’observe toutefois sur l’affiche de la projection spéciale : le format d’affichage de l’heure y a été modifié à la demande expresse de Cinéma Cinéma. Bien que cette exigence s’éloigne de la cohérence visuelle initiale et témoigne des écarts parfois perceptibles entre la vision de la direction artistique et les représentations de la clientèle, elle illustre la capacité du designer à composer avec les attentes des partenaires et à faire preuve de flexibilité, étape incontournable de la pratique professionnelle. Cette boucle informative se conclut harmonieusement sur le lieu de l’événement, sublimée par des accents décoratifs mystérieux qui font subtilement allusion aux traditionnels lauriers des festivals.

GRAPHIQUES ET MARCHANDISE

La collection de t-shirts décline l’identité du FARE à travers deux approches distinctes : une gamme corporative et une ligne créative. La première privilégie l’efficacité et la sobriété institutionnelle. Le modèle Corporatif 1 adapte le logo du festival sous forme d’emblème circulaire à l’avant, un classique minimaliste parfait pour l’image de marque, tandis que le logo complet s’étire horizontalement au dos. Le modèle Corporatif 2 reprend cette même structure en substituant l’emblème par l’icône emblématique du FARE, soit le logo intégrant l’œil.

La ligne créative, quant à elle, fusionne l’univers du festival avec des références aux chefs d’œuvre du cinéma. Le premier modèle rend hommage au Voyage dans la Lune de Georges Méliès : le visage rouge iconique de la Lune s’y trouve encadré sous la typographie à empattement du FARE, inspirée par la composition de l’affiche de Scarface. Au dos, l’illustration du canon s’apprêtant à propulser les voyageurs, accompagnée de la mention « Première Édition », agit comme une métaphore des étudiants propulsés dans l’industrie cinématographique grâce au festival. Le second modèle s’imprègne de l’atmosphère d’ombrages du film Häxan. Jouant sur un contraste ton sur ton en utilisant un gris foncé imprimé sur un tissu légèrement plus clair, le vêtement crée une subtilité visuelle qui fait écho au ton énigmatique de l’œuvre. À l’avant, la figure menaçante du démon s’étire verticalement, se fondant dans l’obscurité grâce à une trame de demi-teintes au rendu presque numérique. Le dos dévoile la scène dramatique du moine vaincu réconforté par sa femme, noyée dans l’ombre d’où émerge le contour typographique du FARE en lettres gothiques.

Bien que ces compositions illustratives aient suscité de nombreux éloges pour leur richesse conceptuelle, le résultat final sur le produit physique a malheureusement pâti d’une exécution technique défaillante de la part du fournisseur. La sélection d’un textile synthétique de faible grammage combinée à une impression en vinyle thermocollant a altéré le rendu recherché. Les résidus et bordures blanches laissés par l’application ont tragiquement écrasé la finesse des textures et effacé la subtilité des dégradés initialement conçus pour le vêtement.

J’ai conceptualisé le laurier de la sélection officielle du FARE en m’inspirant des codes visuels propres aux festivals de cinéma plus établis. Toutefois, afin de rompre avec la tradition, j’ai substitué les habituels brins de blé par une illustration plus abstraite et mystérieuse. Ce détournement symbolique incarne le regard anxieux et le souffle de renouveau d’une jeunesse en rupture, venant bousculer la rigueur de cette institution centenaire qu’est le septième art. En réinventant ce motif classique, le logo d’accréditation devient ainsi le marqueur d’une identité singulière, où l’esthétique du doute et la force créative de la relève s’imposent face aux conventions établies.

Dans un élan de créativité qui rend hommage au cinéma québécois, j’ai également conceptualisé un logo parodique inspiré de la franchise culte Les Boys. Pour cette création, j’ai retracé minutieusement l’entièreté des éléments graphiques emblématiques du visuel original, de la rondelle de hockey aux flammes stylisées, tout en émulant avec précision sa typographie caractéristique. En détournant ainsi un symbole fort et populaire du paysage cinématographique d’ici pour le rapprocher de l’univers du FARE, cette démarche ludique vient faire un clin d’œil à notre culture locale tout en réaffirmant l’esprit rassembleur et décalé du festival.

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